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 — February 5, 20095 février 2009
 

[Trèves, Allemagne • ENI\Anli Serfontein] La décision du pape Benoît XVI d’annuler l’excommunication d’un ecclésiastique qui s’est révélé être un négationniste de l’holocauste continue d’alimenter les critiques les plus vives.

La réintégration par le pape de Richard Williamson, membre de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, a été décidée peu avant une interview télévisée de la télévision suédoise montrant Richard Williamson nier que des juifs ont péri dans des chambres à gaz nazies pendant la seconde guerre mondiale. Ce scandale continue de susciter des critiques acerbes en Allemagne. Certains Allemands ont été surpris lorsque la chancelière Angela Merkel, qui se tient généralement à l’écart de ce genre de polémiques, est entrée dans le débat.

“Si une décision du Vatican permet de laisser penser que l’holocauste peut-être nié, il est nécessaire d’agir”, a déclaré Angela Merkel le 3 février. “Le pape et le Vatican doivent affirmer très clairement qu’aucun déni de la sorte n’est tolérable”, a-t-elle ajouté. Bien que la chancelière allemande soit protestante, de nombreux membres de son parti, l’Union démocrate-chrétienne (CDU), sont catholiques romains.

Le 4 février, le Vatican a indiqué que le souverain pontife ignorait les penchants négationnistes de Richard Williamson lorsqu’il a levé son excommunication en janvier. Dans un communiqué officiel, le Vatican a affirmé que les propos de Richard Williams niant l’holocauste étaient “absolument inacceptables et fermement rejetés par le Saint Père”.

Le communiqué ajoutait : “L’évêque Williamson doit se distancier de façon catégorique et publique de ses propos sur l’holocauste.”

Le théologien suisse Hans Küng, qui a enseigné avec le pape – alors Joseph Ratzinger – à l’Université de Tübingen dans les années 1960, a déclaré à l’hebdomadaire Der Spiegel : “Le problème fondamental, c’est le pape lui-même, pour qui la question porte essentiellement sur ce qu’il considère comme la vérité et pouvoir de sa propre Eglise. Ce faisant, il cause un grave préjudice aux relations de l’Eglise avec les autres religions chrétiennes. Il a d’abord insulté les musulmans, et maintenant, il a aussi profondément irrité les juifs.”

Fin janvier, Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale d’Allemagne, s’est plaint : “On ne nous a rien demandé, on ne nous a pas informé à l’avance.” Le prédécesseur de Robert Zollitsch, le cardinal Karl Lehmann, de Mayence, a, au cours d’une interview du 2 février, qualifié la décision du pape de “catastrophique” et a exigé des excuses claires de la part d’une personne “occupant une position élevée” au sein de l’Eglise.

Posted: February 5, 2009 • Permanent link: ecu.net/?p=553 Transmis : 5 février 2009 • Lien permanente : ecu.net/?p=553


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